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Interview: Réné Byamungu explique comment la bourse du festival l’a propulsé dans sa carrière.Publié le 24 octobre 2017

A Goma, le Festival Amani offre un certain nombre de bourses aux musiciens locaux pour les aider à réaliser leurs projets artistiques. Cette année, Rene Byamungu a reçu 1000 dollars américains pour enregistrer ses chansons, et organiser un évènement de lancement officiel de son album. Dans cette interview, ils nous expliquent les changements que cela lui a apportés dans sa vie d’artiste.

Comment as-tu réussi à décrocher la bourse du festival Amani ?

Le Festival Amani a fait un appel à candidature d’artistes locaux. Nous étions une cinquantaine d’artistes, mais les organisateurs ne pouvaient accueillir que 3 personnes pour représenter la ville de Goma au Festival Amani, et offrir à chacun une bourse pour le financement de leurs projets artistiques. J’ai participé au concours musical pendant plusieurs semaines. Je me suis battu, il fallait s’imposer. Au début, le public n’était pas réceptif à mon style, mais au fur et à mesure que le concours évoluait, je me suis imposé sur le podium, et je suis arrivé à la finale. J’ai représenté la ville au Festival Amani, et j’ai élaboré mon projet artistique qui a ensuite été financé.

Qu’est-ce que tu as fait de l’argent reçu ?

Mon projet était de faire un enregistrement audio de 9 chansons et d’organiser le lancement officiel de l’album. C’est ce que j’ai fait avec ma bourse. Pour moi, c’est tout simplement une grâce. En voyant la conjoncture dans laquelle évoluent les artistes de Goma, il faut se battre pour enregistrer une seule chanson au studio. C’est difficile pour les artistes de bien évoluer parce qu’ils ne sont pas soutenus. C’est vraiment une grande chose que le Festival Amani a fait pour moi. Pour moi, c’est un pas de géant que j’ai fait en produisant un album de 9 titres, et en organisant un grand évènement de lancement officiel de l’album dans l’une des grandes salles de la ville.

Qu’est-ce que cela a changé dans ta vie d’artiste ?

Tout ce que je fais aujourd’hui a un lien avec  l’album que j’ai produit. A chaque fois que je me présente, c’est mon album que je montre en premier.

La bourse m’a motivé de toujours donner le meilleur de moi-même. Mais aussi, le fait de passer par un concours a créé en moi une sorte d’émulation, de rage, et une envie de me surpasser.

Quand j’ai eu la bourse, j’ai eu milles et une question. J’étais tenté de l’utiliser pour mes besoins personnels. Vous connaissez vous-même la vie sociale que nous vivons, mais cela m’a appris l’esprit de responsabilité. Sur ce point j’ai reçu des félicitations des organisateurs du festival Amani pour avoir suivi à la loupe le processus d’exécution du projet tel que je l’avais présenté. Mais au-delà de cela, cette bourse a suscité en moi l’envie de travailler plus pour avoir plus, et je sais que je ne suis qu’au début.

Quel est ton meilleur souvenir du festival Amani ?

Le festival Amani est comme un renouvellement pour moi. Il a créé en moi un esprit de rage, il m’a appris à viser plus haut et à briser la peur. Le  festival m’a aidé à avoir confiance en moi-même. Je sais désormais que je peux renverser la vapeur même quand je ne suis pas favori au départ.

Lors de ma prestation au festival, j’avais un public que j’aimais, un public que j’attendais, un public qui avait envie de m’écouter et qui connaissait mes chansons. Pour moi c’était incroyable, c’était la première fois que je montais sur un si grand podium comme celui du festival Amani. J’avais un peu de frisson, mais les encouragements du public m’ont aidé à surpasser la peur qui était en moi, et à offrir un grand spectacle.

En tant qu’artistes, j’ai gagné des nombreuses expériences grâce aux échanges avec d’autres artistes du monde qui sont arrivés à Goma, et qui ont organisé des ateliers. Cela m’a permis de voir autrement la musique, de me dire que je ne veux plus faire la musique pour m’amuser, mais que je peux en faire mon travail.  

Penses-tu que les jeunes artistes peuvent aider à construire la Paix dans notre région ?

Je crois que là où la politique a échoué, la musique peut réussir. Parce que la musique transforme, la musique guérit. La musique a une force que certains ignorent. Il est de notre responsabilité en tant qu’artistes de dire à la population que chacun doit participer à l’avènement de la paix, que ce n’est pas un travail de certains, et que tout le monde doit apporter sa part. Notre responsabilité est aussi de dire à la population qu’on ne doit pas perdre espoir, parce que si on perd espoir, on ne se mettra plus au travail. Mais si on a la foi, on va continuer à se battre pour le retour d’une paix effective.

Au festival Amani, j’ai aussi dits aux jeunes que nous devons continuer à montrer une image positive de notre pays pour qu’on arrête de le diaboliser. A l’extérieur, on pense que nous vivons en enfer, mais je pense que nous sommes au paradis malgré les difficultés. C’est ce que j’ai chanté dans ma chanson Nyemiré au festival Amani. Oui l’Afrique pleure, mais aussi l’Afrique sourit. Il y a un truc qui rends l’Afrique forte, c’est le vivre ensemble, la fraternité, la solidarité africaine. Nous devons montrer cela au monde.

Quels sont tes projets actuels ? En quoi est-ce que ta participation au Festival Amani contribue à les réaliser ?

Apres le festival Amani, j’ai commencé à postuler sur différents concours à l’international. Je pense que si j’arrive à m’imposer à l’extérieur, ce sera facile de séduire le public local. Je viens d’être retenu à un grand concours sur le continent qui est The Voice Africa, pour moi c’est un rêve que je suis en train de réaliser.

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